Commissaires

Roxanne Ballanger
Elsa Beaudouin
Sandra Černjul
Aurélie Denis
Clarisse François 
Florian Guillaume 
Olivia Malheiro 
Claire Migraine 
Cédric Moris Kelly 
Chloé Orveau 
Gael Salomon 
Axelle Villin

Extrait du dossier pédagogique

Présentation de l’exposition

QUOI ?

L’exposition Ekphrasis présente 48 tirages de projets inédits de Sarkis accrochés au mur et surmontés par une rampe d’ampoules, 350 photographies de ses expositions disposées sur une table ainsi que deux néons donnant à lire les expressions « la lumière de l’éclair » et « le son du tonnerre ».

Dans le cadre de ce dispositif pensé comme une mise en scène, la parole des étudiant-e-s-commissaires active les projets. Elle est un acte de transmission et interroge à sa manière la notion d’exposition.

L’ekphrasis est un terme utilisé en linguistique pour désigner une description orale ou écrite d’une œuvre qui tend à créer des images mentales dans l’esprit de l’auditeur.

QUI ?

D’origine arménienne, Sarkis est né en 1938 à Istanbul. Il vit et travaille à Paris depuis 1964.

Depuis 2005, le Master 2 « Métiers et arts de l’exposition » constitue une spécialité à finalité professionnelle, du Master mention Arts. Chaque année, une quinzaine d’étudiants sélectionnés sur dossier et entretien y sont formés. Elle propose une approche scientifique et pratique des métiers de l’exposition dans le domaine de l’art contemporain. Elle est finalisée par la réalisation d’une exposition et d’une publication scientifique.

Ce dossier propose d’étudier cette exposition particulière d’où se déploient des problématiques et des notions qui traversent le champ des arts plastiques. Les pistes de lectures sont multiples et sont l’occasion d’aborder certaines problématiques essentielles à la compréhension des arts plastiques de notre époque.

L’ŒUVRE ET L’IMAGE INSTALLATION

Les 48 projets sont des aquarelles préalablement photographiées par Sarkis. Cependant, ces photographies ne sont pas à proprement parler des œuvres d’art : c’est l’exposition avec tous les éléments qui la composent qui fait œuvre.

L’ŒUVRE ET LE TEMPS TEMPORALITÉ

Pendant cinq semaines, quatre heures par jour, les douze étudiant-e-s du Master 2 « Métiers et arts de l’exposition » occupent l’espace de la Galerie Art & Essai. Activant un ou plusieurs projets de Sarkis à la fois, ils donnent vie à ces aquarelles photographiées. Ainsi, ce sont les horaires d’ouverture de la Galerie Art & Essai et la durée de l’exposition qui rythment et structurent l’exposition. L’artiste interroge la temporalité de l’œuvre :

« Quand y a-t-il exposition ? »

« Quand y a-t-il œuvre d’art ? »

MUTATION

S’enchaînant dans un continuum sans fin et permettant une multitude de « conversations », la parole des étudiant-e-s n’est pas un discours bien rodé. Au contraire, elle est en perpétuelle évolution, en renouvellement permanent. Ekphrasis affiche donc une dimension éphémère puisque les projets n’existent que dans le temps de leur activation. L’exposition se forme devant le spectateur et ne se fixe jamais.

CHRONOLOGIE

Le temps, c’est également celui séparant les 48 projets aquarellés. En effet, les projets se développent sur plus de quarante ans (de 1981 à 2003). C’est aussi l’amplitude montrée dans l’exposition.

L’ŒUVRE ET LE LIEU

Il existe deux types de lieux : l’espace de la Galerie Art & Essai et l’espace représenté à l’intérieur des 48 projets :

MISE EN SCÈNE

L’exposition Ekphrasis plonge le visiteur dans l’obscurité. Les seules sources lumineuses sont les ampoules et les deux néons (rouge et vert). 6 Lorsque les étudiant-e-s commissaires décident d’activer l’un des projets, ils allument les deux ampoules qui le surmontent. Ainsi, ils l’éclairent (au sens métaphorique comme au sens propre) tandis que les 47 autres restent plongés dans le noir… en attente.

L’ESPACE A L’INTÉRIEUR DU PROJET

Dans la plupart des projets, Sarkis représente des architectures. Il s’agit le plus souvent d’univers clos. La notion de perspective tient alors une place très importante.

L’ŒUVRE ET LE CORPS

DÉPLACEMENT / GESTE

S’appropriant l’espace, les douze étudiant-e-s commissaires se déploient dans la Galerie. Ils se déplacent de projets en projets, s’assoient sur les tabourets ou à même le sol. Parfois, ils restent immobiles. De temps en temps, ils changent l’emplacement des projets ou les retournent. De temps en temps, ils prennent une photographie parmi les 350 disposées sur la table. Ils sélectionnent, choisissent. Il est possible de souligner l’importance du choix, du geste qui vient saisir une photographie.

PAROLE

Les voix des douze étudiant-e-s commissaires résonnent dans l’espace d’exposition. Elles se situent quelque part entre les deux néons… au milieu peut-être. Ainsi, la parole est dans l’espace qui sépare « la lumière de l’éclair » et « le son du tonnerre ». Cet espace est l’espace de création. La parole active et crée. De plus, par ce dispositif, Sarkis entend provoquer une rencontre entre les étudiant-e-s commissaires et les visiteurs. Depuis toujours, Sarkis développe une réflexion singulière basée sur le dialogue, écho aux trajectoires artistiques, musicales, cinématographiques, théâtrales qui l’ont marqué : Joseph Beuys, John Cage, Andreï Tarkovski…

LE CORPS DU SPECTATEUR

Le spectateur et les étudiant-e-s commissaires partagent un même espace : la proximité avec les étudiant-e-s oblige le visiteur à se mettre lui aussi en mouvement et à se repositionner.

Archives disponibles

Visuel : carton d’invitation de l’exposition. Crédits : ©Sarkis 

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