Sammy Baloji

Sammy Baloji est né en 1978 à Lubumbashi, dans la région du Katanga en République démocratique du Congo. Après des études en sciences sociales à l’université de Lubumbashi, il décide de s’initier à la photographie. En 2005, il intègre l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. En 2006, la série Mémoire lui offre une notoriété au sein de la scène artistique internationale et lui permet d’intégrer d’importantes collections telles que celles du CNAP, du musée du Quai Branly, du Smithsonian Museum ou encore celle d’Arthur Walther.

L’histoire du Congo et plus particulièrement celle de sa région natale, constituent le fil reliant l’ensemble de ses œuvres. Il en propose une écriture alternative en connectant des histoires individuelles. L’exploitation des ressources du pays, tant naturelles qu’humaines, ancre le Congo dans un contexte mondial, une histoire globale. Dans la série KOLWEZI (2009-2011), l’artiste photographie l’exploitation contemporaine des mines par les entrepreneurs chinois succédant à la domination des colons belges. Sammy Baloji met en regard différentes temporalités pour révéler ce qu’il considère comme le caractère cyclique de l’histoire. Dans ses œuvres, il confronte les époques en associant des archives aux objets qu’il produit. Dans l’installation Sociétés Secrètes (2015), l’artiste fait dialoguer des documents issus de collections ethnographiques avec des plaques de cuivre martelées. Ressource convoitée depuis l’époque coloniale, le cuivre porte ici des motifs de scarifications, marques d’une tradition interdite depuis l’arrivée des colonisateurs.

Photo de Mae Rennes.

Sammy Baloji, Sociétés Secrètes, 2015. Installation composée de 8 plaques de cuivres , 29,7 x 42 cm (chacune) , 4 photographies noir et blanc, une lettre écrite à la main, 16 x 20 cm. Vue de l’exposition Personne et les autres, pavillon belge, 56ème biennale de Venise, 2015. Œuvre Unique, courtesy de l’artiste et de la galerie Imane Farès.

En juxtaposant trois plans, l’installation vidéo Pungulume (2016) combine champ et hors-champ. Sammy Baloji renverse les points de vue et donne la parole à un chef Sanga, confronté à la menace de la destruction de son environnement traditionnel. L’artiste cherche à faire éprouver ce renversement au spectateur.

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Sammy Baloji, Pungulume, 2016, vidéo, couleur, son (version sous-titrée en anglais), 27 mitues 45 secondes. Courtesy de l’artiste et de la gaerie Imane Farès.

L’installation Hunting & Collecting (2015) implique physiquement ce dernier. En entrant dans un diorama, l’observant devient l’observé. Le basculement du rapport de force dominant/dominé met en lumière la relativité de toute écriture de l’histoire. Le spectateur est ainsi invité à adopter une posture critique face aux œuvres.`

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Sammy Baloji, Hunting and Collecting, 2015. Collage photos, sculpture en métal, livre d’artiste, impressions photos, photos d’archives (New York, American Museum of Natural History et Tervuren, Belgique, Musée royal de l’Afrique Centrale), liste des ONG œuvrant au Nord et Sud Kivu. Environ 440 x 885 x 600 cm. Courtesy de l’artiste et de la galerie Imane Farès.

Ses œuvres ont été exposées dans des manifestations internationales d’art contemporain telles que la 56ème biennale de Venise et la biennale de Lyon en 2015, ou encore à la Documenta 14 à Athènes et Kassel en 2017. Très récemment, le Palais de Tokyo a présenté l’installation Hunting & Collecting au sein de l’exposition collective Dioramas.

En tant commissaire d’exposition et co-fondateur de l’association Picha, il affirme son implication pour promouvoir la scène artistique contemporaine africaine (Biennale de Lubumbashi à partir de 2006 ; Congo Art Works, BOZAR, 2016 ; Rendez-vous exposition de Sinzo Aanza, Biennale de Lyon, 2017).

 

Commissariat :

Cinzia Bastianello

Léa Besson

Stefania Briasouli

Alexandra Brun

Solange Dupé

Marine Ferré

Carole Hubier

Ambrine Lazreug Didier

Marie Le Brun

Anouk Lepeigneul

Caroline Le Saux

Camille Martin

Aude Sinquin

Camille Vaillier

Marion Vergin

Romane Verrière

 

Informations pratiques

Vernissage le 29 mars à 18h00

Du 29 mars au 30 avril 2018

Lieu: Galerie Art & Essai, université Rennes 2

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[ FAIRE CONNAISSANCE AVEC HARUN FAROCKI ]

Depuis les années 1960, la production de Harun Farocki compte plus de 120 films à la croisée du cinéma expérimental, du documentaire, ou encore de l’essai filmique.

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